En 1900 -1901, les chrétiens de la paroisse de Bertignat, voulant se mettre sous la protection de la Vierge Marie, ont décidé de faire ériger une statue qui surplomberait le bourg. Le lieu dit « Puy Bayou »était choisi pour cette installation. Le Curé de la paroisse était le Père Pouyet. Une souscription était lancée pour couvrir les frais de cette statue, souscription qui reçut un très bon accueil. Les maçons du pays décidaient de construire ensemble et gratuitement le socle. La barrière de l’escalier et de la plate-forme ont été faites par M. FAVIER, charron à Bertignat. Lors de la restauration, on a retrouvé dans l’ancien atelier FAVIER les moules dont on s‘est resservi pour la rénovation. Commandée en Corrèze, la statue est arrivée par le train à la gare de Vertolaye, où un char bien décoré et tiré par des bœufs, est allé la chercher. La population de Bertignat attendait, dans la joie, son arrivée dans le bourg. Elle fut inaugurée en 1902. Une messe était célébrée chaque année le jour de l’Ascension, ainsi qu’une procession aux flambeaux partant de l’Eglise à la Vierge, le jour du 15 août, fête de l’Assomption.
En 1986, plusieurs paroisses du secteur : Bertignat, Vertolaye, Marat, St Pierre La Bourlhonne furent regroupées. Une équipe de laïcs fut nommée par l’Evêque pour prendre en charge avec le Père Joseph Ayel, ces paroisses. Cette équipe décida la restauration de la Vierge de Puy –Bayou. Une nouvelle souscription fut lancée. Le socle fut décapé, les joints des pierres refaits et la statue repeinte. Les abords furent aussi aménagés, des bancs de pierre installés. Le Père Jean Dardel Evêque de Clermont entouré des Pères Fabre Vicaire Général, Joseph Ayel et Georges Brugiergarde vinrent inaugurer cette restauration le 12 juillet 1987. Un verre de l’amitié suivi d’un repas, préparé par des chrétiens bénévoles rassembla toutes les personnes présentes dans la prairie au pied de la Vierge. Depuis cette date, chaque dimanche avant le 14 juillet a lieu le pèlerinage à Marie.
Ce lieu est aussi un but de promenade où l’on vient se reposer et aussi prier, se recueillir.
Merci à Mme Renée FAUCHERY pour toutes ses précieuses informations.
L’Eglise du XIVème siècle se démarque de celle des communes avoisinantes.
Dans son état actuel, cet édifice gothique comprend un massif occidental d’une travée surmontée du clocher, une nef de deux travées carrées séparées par des doubleaux jumelés ouvrant par des arcades en arcs brisés sur les bas cotés et suivie d’un chœur à travée droite et abside polygonale.
Les voutes d’ogives des collatéraux sont à liernes transversales. Sur l’abside les ogives forment des quartiers rayonnants et une lierne longitudinale relie l’arc diaphragme aux deux clés de voûte. Les ouvertures sont à remplages flamboyants, découpées de trèfles et de quatre feuilles.
Le clocher carré en bel appareil est percé de baies jumelées en arc brisé et couvert d’un toi en pavillon. On y accède par une tourelle d’escalier prismatique accolée à sa face nord.
Le clocher de Bertignat n’a pas toujours eu cette allure élancée qui fait sa particularité. Auparavant, il était comme celui de beaucoup d’églises de la région. Ainsi, la délibération du 27 mai 1877, lance le projet de surélévation et de restauration du clocher. Un premier projet est déposé par l’architecte VIAL d’Arlanc. Le coût de ces travaux s’élève à 11 550 Frs. Le financement se décompose de la façon suivante afin de couvrir l’ensemble des dépenses :
"Le Conseil prie instamment l’Administration de vouloir bien lui venir en aide pour la sus-dite somme de 3 550 francs, allocation indispensable pour que le projet de restauration puisse être mise en exécution, au vu des faibles ressources de la Commune, et la pauvreté du Pays, le Conseil ne saurait moralement, sans manquer à ses devoirs de protection des intérêts communaux, aller au-delà d’un vote de 3 000 francs."
Le 5 mars 1882 avait lieu l’adjudication des travaux, en présence de Monsieur Antoine BEAL, Maire de Bertignat, et Monsieur Joseph DERRODDE, architecte dont le projet a été retenu : "... Après avoir consulté la Commission, nous avons déclaré le Sieur MAYADE François demeurant à Pontaumur et actuellement à Châtelet, à ce jour, et acceptant les travaux de restauration et de surélévation du Clocher, moyennant la somme de dix mille quatre cent cinquante francs, résultant du rabais de cinq pour cent par lui soumissionné sur le chiffre du devis ...".
A sa base s’ouvre le portail occidental décoré d’une archivolte flanquée de pinacles à têtes et d’une niche contenant une petite statue en bois.
On peut aussi remarquer les vantaux sculptés des portes latérales du chœur. Le beffroy est garni de six cloches dont quatre antérieures à la Révolution :
Le Conseil de Fabrique était autrefois l’organe chargé de l’administration financière et matérielle d’une paroisse. Le mot fabrique avait, à l’origine, un sens plus large qu’aujourd’hui ; il désignait tout ce qui était création manuelle, et notamment la construction de bâtiments. Appliqué entre autres à l’édification d’une église, le mot a vu son sens s’étendre progressivement d’abord aux ressources nécessaires à cette construction, puis à son entretien, à la gestion de l’ensemble des finances paroissiales, et enfin, aux personnes chargées de cette gestion. Abrogées à la Révolution, les Fabriques ont été rétablies par le Premier Consul. La loi de séparation des Eglises et de l’Etat de 1905 les a supprimées.